Vous pouvez écouter le podcast réalisé par Pablo Lenormand de chez UXIA qui a reçu Noëmie Lhuillier, notre experte en Neuroergonomie.

Dans un monde saturé de messages marketing, comprendre réellement les émotions et motivations de ses clients est devenu un avantage décisif.

Si les personas classiques s’arrêtent souvent à l’âge, la profession et les centres d’intérêt, une nouvelle approche émerge : le Neuropersona©.

Pensé à la croisée des neurosciences, du design UX et de la data, le Neuropersona© propose une lecture beaucoup plus fine du cerveau client.

Cet article reprend les grandes lignes d’un échange entre Noémie Lhuillier (cofondatrice de Lucioles, agence spécialisée en neuro-UX) et Pablo (Good Morning Product).


Qu’est-ce qu’un persona classique ?

Le persona est une représentation semi-fictive du client idéal. Exemple : “Martin, 34 ans, marié, deux enfants, cadre dans une PME, s’intéresse à l’outdoor et compare beaucoup avant d’acheter.”

➡️ Utile pour segmenter son audience, mais trop superficiel.

Il s’arrête à la conscience rationnelle du client et n’explique pas pourquoi il agit vraiment.


Le Neuropersona© : aller au-delà de la raison

En neurosciences, on sait que 95 % des décisions sont prises inconsciemment, de façon émotionnelle, rapide et automatique.

Le rationnel intervient ensuite uniquement pour justifier le choix.

Le Neuropersona© vient donc compléter (voire remplacer) le persona classique en intégrant :

  • Les émotions dominantes de la cible

  • Ses états de tension (stress, incertitude, désir)

  • Les leviers chimiques activés dans son cerveau (DOSE : Dopamine, Ocytocine, Sérotonine, Endorphines)

  • Les peurs, frustrations et freins qui déclenchent la fuite ou l’abandon

🎯 Résultat : une cartographie émotionnelle qui guide le marketing et l’UX avec beaucoup plus de précision.


Neuropersona© et parcours client : les 4 étapes clés

1. Acquisition

Captez l’attention dès les premières secondes en jouant sur les bons leviers émotionnels (plaisir, appartenance, sécurité, statut).

2. Conversion

Simplifiez le parcours d’achat, réduisez les frictions et rassurez au moment critique du checkout.

⚠️ Si l’effort perçu > désir initial → désengagement.

3. Rétention

Adaptez vos interfaces et contenus à l’évolution émotionnelle du client. Plus le Neuropersona© est personnalisé, plus l’utilisateur reste engagé.

4. Fidélisation

Valorisez l’engagement, créez une relation sincère et maintenez le lien par des actions ciblées (emails, expériences personnalisées).


Neuropersona© et neurohormones : activer la DOSE

Chaque Neuropersona© est influencé par une recherche dominante :

  • Dopamine : quête de nouveauté, plaisir, gain de temps (ex : acheter le dernier iPhone, tester une app innovante).

  • Ocytocine : besoin de confiance, lien social, appartenance (ex : associations, moments familiaux).

  • Sérotonine : recherche de reconnaissance, ego, statut (ex : montre de luxe, badges exclusifs).

  • Endorphines : apaisement, bien-être, réconfort (ex : sport, méditation, spectacles).

Un site e-commerce performant identifie quel levier chimique déclencher pour chaque segment.


Exemples concrets d’application du Neuropersona©

  • Téléassistance pour seniors : cibler les aidants en situation de stress → rassurer immédiatement, interface simple, réponse rapide.

  • Produits premium : cibler un public en quête de statut → mise en avant de la rareté, personnalisation, reconnaissance sociale.

  • Services collaboratifs : cibler les besoins de lien social → mise en avant de la communauté, témoignages clients, humanisation du discours.


Comment construire son Neuropersona© ?

  1. Analyse des données existantes (CRM, enquêtes, analytics).

  2. Interviews et questionnaires pour identifier émotions, frustrations et déclencheurs.

  3. Cartographie émotionnelle : désirs, peurs, leviers DOSE, signaux de stress.

  4. Alignement des équipes : fondateurs, marketing, ventes, service client → cohérence du discours.

Chez Lucioles, cette méthode est utilisée pour former les équipes à comprendre et appliquer les Neuropersona© dans tous les points de contact.


Les bénéfices business du Neuropersona©

  • Créer un site pensé pour les clients (et non pour les fondateurs ou designers).

  • Réduire les abandons liés au stress ou à la complexité.

  • Améliorer le taux de conversion grâce à des parcours alignés sur les motivations réelles.

  • Fidéliser durablement en personnalisant la relation.

  • Mettre d’accord les équipes autour d’une vision commune, basée sur la science plutôt que sur l’opinion.


Inspirations & ressources

Le Neuropersona© s’appuie sur les travaux de :

  • Robert Cialdini (influence & persuasion)

  • Daniel Kahneman (Système 1 et Système 2)

  • René Girard (désir mimétique)

  • Brain Modus Operandi Academy (BMO)

  • Simon Sinek (le Why)


Conclusion

Le Neuropersona© n’est pas un simple outil marketing.

C’est une boussole émotionnelle qui permet de créer des expériences centrées sur l’humain, en alignant science, design et émotion.

Adopter cette approche, c’est passer d’un marketing superficiel à un marketing de la résonance : comprendre ce que votre client ressent avant même qu’il en ait conscience, et lui offrir une expérience qui fait sens à chaque interaction.

La retranscription complète du podcast

Voici la retranscription complète du contenu en identifiant le dialogue entre Pablo et Noëmie :

Pablo (voix homme) : Hello tout le monde et bienvenue sur Good Morning Product, le podcast qui interview les product managers et UX designers qui pensent les produits web de demain. Et aujourd’hui, on reçoit Noémie Lili et ce qu’elle fait c’est révéler aux marques ce que leur clients ressent vraiment bien avant de décider. Aujourd’hui, elle codirige Luciol, une agence qui alligue neuroscience, UX design et data qui aide les entreprises à mieux comprendre le cerveau de leurs clients pour transformer leur parcours, pas en multipliant les visites mais en maxim misant la valeur perçue à chaque point de contact avec Noémie. On ne parle plus simplement de personnat mais de neuropers. Une boussole émotionnelle pour optimiser chaque message, chaque interface, chaque interaction, qu’elle soit digitale ou humaine. Bref, Noémie, c’est celle qui marie la science, le design et l’émotion sans jamais oublier de glisser quelques canelés sur le chemin. Bienvenue sur le podcast Noémie.

Noëmie (voix femme) : Bonjour Pablo, merci pour cette introduction. Super.

Pablo (voix homme) : Et ben écoute, merci à toi de m’avoir aidé à la faire. Elle te rend honneur donc ça me fait très plaisir de t’accueillir aujourd’hui. C’est trop cool fasse un épisode ensemble. Surtout que maintenant on bosse ensemble. Donc ça fait ça fait super plaisir de de pouvoir parler de sujet UX avec toi. Donc merci d’avoir accepté l’invitation et aujourd’hui on va parler de neuropers. Euh je t’avoue, je pense avoir découvert ce terme avec toi. Je je le connaissais pas du tout avant et je sais qu’on l’a appliqué sur certains projets et c’est quelque chose enfin c’est un outil que je trouve très très puissant. Donc c’est top que tu puisses nous en parler aujourd’hui. Je vais te poser la première question pour pas perdre de temps. Est-ce que tu peux nous rappeler ce qu’est un personnat et nous présenter la différence entre un personnat classique versus le neuropers ? Que tout UX product devrait utiliser.

Noëmie (voix femme) : Bien sûr, comme tu le dis, on l’a découvert enfin tu l’as découvert ensemble quand on a travaillé sur des projets. Donc à Persona à la base c’est une représentation semi-fictive d’un client idéal. OK ? On connaît tous le personnage classique sauf que moi, je trouve que souvent c’est un portrait qui est très lisse. Genre Martin 34 ans, marié, deux enfants, quatre subs dans une PME. OK. On sait à peu près ses ans d’intérêt, ses parcours d’achat, OK, mais en fait, on fait quoi avec ça ? Voilà, soyons honnête, ça reste un petit peu un portrait surface. Et ce type de personnil qui va nous aider à parler à sa raison, à ce que voilà ce qu’on pourrait appeler ça conscience mais pas à son cœur. Voilà, on se base sur des caractères visibles alors que les vraies décisions elles elles se prennent ailleurs. Voilà, c’est ce qu’on va appeler en neuroscience le temps décisionnel numéro 1 qui est inconscient, automatique et surtout émotionnel. Et en fait, c’est là que tout commence. C’est dans ce premier temps-là. Et nous souvent, on se base trop sur le deuxième temps qui finalement est un temps lié à la raison, qui est conscient, qui beaucoup plus argumenté. Celui qu’on utilise, tu sais, pour justifier une décision, mais en fait la décision est déjà prise. On est juste en train de dire pourquoi on a pris cette décision. Donc pour moi, ce personnage classique, il suffit pas parce qu’il permet pas d’agir donc à ce premier niveau de décision. Donc c’est pas au bon moment. On reste à la surface et on sait pas vraiment en fait pourquoi Martin bah il prend ses décisions, ce qui va l’émouvoir, ce qui va le frustrer quand il arrive, dans quelle émotion et état de tension en fait il est et du coup se dire ben qu’est-ce qui l’empêche d’avancer ou au contraire qu’est-ce qui permet de l’engager. Donc chez Luciol en effet, on a développer une méthode un peu plus poussée où en fait on a allié les neurosciences et on a appelé ça le neuropersona. Bon en effet, tu trouveras rien sur internet et et du coup l’idée c’est pas juste de savoir comment dire qui est ton client avec ce ce personnat classique mais c’est plus de savoir dans quel état de tension est son cerveau à ce moment-là en fait au moment où il interagit. Donc c’est le moment tu sais où il a un problème, un besoin ou une envie et il va on va dire chercher sur internet. Ça c’est un instant. Mais tu as aussi tout ce qui va vivre dans le parcours. Et en fait nous ce qu’on va aller chercher, donc c’est notre petit côté neuroscience he mais est-ce qu’il est en situation de stress ou est-ce que notre parcours va lui amener du stress en fait ? Donc tout ce qui est derrière libération de neuradrénaline et de cortisol. Est-ce que son achat ou le fait qu’il vienne sur ton site à l’instanté, c’est pour aller chercher une satisfaction, une recherche de lien, une recherche de reconnaissance, qu’est-ce qui vient exprimer en fait ? Et donc nous, notre personnata, bah c’est une cartographie émotionnelle de notre client. C’est-à-dire c’est quoi ses désirs, ses peurs, tes frustrations, qu’est-ce qu’on va pouvoir dimensionner derrière pour activer les bons leviers chimiques ? En fait, on va regarder quel est le déclencheur qui va être le plus saillant pour lui. Donc par exemple, est-ce que on vient chercher je pense au petit furet ou au comparateur d’assurance ? Là on vient vraiment chercher une quête d’optimisation de ressources. Donc c’est une quête dopaminequ dopamine. Si je vais plutôt aller chercher une solution pour m’entourer, avoir des gens du lien social et cetera, on est plutôt sur une recherche recherche pardon d’ocytocine. En gros, à chaque fois qu’on fait quelque chose, on va aller chercher un déclencheur dominant. Voilà, parce qu’on va aller s’adresser justement à cette première décision émotionnelle. Et là, pour nous, c’est un peu une magie en fait parce qu’on va pas forcer la vente finalement. On va trouver la solution pour résoudre un état de tension, le cerveau du client fait le reste.

Pablo (voix homme) : C’est trop trop intéressant. Il y a pas mal de trucs à dire mais je sais qu’après on a d’autres choses à voir donc je vais pas trop m’étaler. Mais j’avais une question à te poser là sur tout ce que tu viens de dire. À un moment tu as parlé de deux temps, tu as parlé du premier temps, donc tout ce qui est l’inconscient émotionnel et le deuxième temps qui est plutôt conscient, rationnel, argumenté. Mais donc ça veut dire que toi quand tu vas et c’est peut-être lié avec la deuxième question, on pourra parler après si tu veux, mais toi quand tu vas penser des expériences utilisateurs sur des sites ou des applications, des choses comme ça, tu vas tu vas essayer t’adresser à ces deux temps-là. C’est-à-dire que tu vas avoir une partie de du funel où tu vas plutôt réfléchir au temps un premier temps inconscient émotionnel et une autre partie du funnel où tu vas réfléchir à plutôt la partie consciente ou pas vraiment. Je te donne un exemple en fait parce que nous en je enfin juste un exemple tout bête mais en e-commerce on a identifié que généralement le premier temps que tu évoques, c’est quelque chose que tu vas voir beaucoup sur les pages découvertes d’un e-commerce. Donc ça va être la homepage du d’un e-commerce, ça va être une page catégorie, une page où tu découvres des produits, tu découvres un peu l’histoire du euh de de la marque et ensuite tu vas te balader un peu sur Google, tu vas repartir, tu vas revenir sur le site et à un moment où tu vas faire cette cette enfin prendre la décision d’acheter un produit et là à ce moment-là, tu vas rentrer dans un autre état où tu arrives sur le checkout où là tu vas devoir mettre la livraison, payer et cetera et généralement on a l’impression que c’est un deuxième temps qui prend le pas à ce moment-là sur le plutôt le côté conscient argumenté et c’est là où justement tu dois mettre des arguments pour essayer de de convaincre le l’acheteur qui fait pas de bêtises et lever les objections. Donc est-ce que dans l’expérience que tu adresses, tu as toujours un peu ces deux temps là que tu adresses en fonction de de l’étape du funnel ou c’est différent en fonction de tous les sites que tu sur lesquels tu bosses ?

Noëmie (voix femme) : En fait pour moi, c’est je me concentre toujours sur ce premier temps décisionnel parce que même quand il arrive à l’étape du funnel en fait, il y a toujours une balance qui est faite dans notre cerveau entre la satisfaction, on va dire addictive positive, le fait « J’ai envie d’y aller » quoi versus le fait j’ai pas envie d’y aller pendant tout l’expérience et tout le parcours. Tant que l’engagement, l’envie, l’intérêt prend le pas sur l’effort à fournir, c’est-à-dire le temps que je dois y consacrer pour comprendre, l’effort cognitif, les ressources que je dois engager, que ça soit en temps ou en argent, le temps que je vais devoir attendre en en terme de livraison par exemple, si à un moment donné, peu importe le parcours, cette notion d’effort prend le dessus ou qu’à un moment donné, il y a une rupture de cohérence, tu vois, ou j’ai une incertitude ou là, il y a un truc qui me rassure plus finalement. Bah, en fait, c’est là où ça va faire inverser la balance et qu’il va y avoir du désengagement, de la fuite, on va pas y aller. Donc moi, je me concentre toujours sur ce premier temps décisionnel pour répondre à ta question. C’est juste que la conscience va venir rationaliser en disant j’ai un doute, OK, j’ai un doute, alors je sais que j’ai à ma disposition peut-être des avis clients. Mais tiens, je vais aller voir les avis clients et ça va venir conforter ou pas le premier ressenti que j’ai. Mais on on a toujours ce premier ressenti en fait. Et soit on bien prendre le temps avec le deuxème temps décisionnel de d’essayer de voilà de rationaliser de dire est-ce que c’est avéré, c’est pas avéré, soit on prend pas ce temps-là et puis on en fait on s’en va quoi.

Pablo (voix homme) : Complètement OK, trop intéressant. Deuxième question du coup, pourquoi c’est important d’utiliser cet outil de du neuropersona selon toi et c’est quoi l’impact de cet outil dans le concrètement sur le design d’un produit, un site web ? On a déjà un petit peu, on vient d’en parler un petit peu mais ça peut-être d’autres choses à nous dire là-dessus.

Noëmie (voix femme) : Oui, ben en fait déjà on sait que 95 % de nos décisions donc sont prises avant qu’on en ait conscience. Voilà, ça on en on le sait quand même de plus en plus. Ce premier temps décisionnel, il est rapide, automatique et en fait si à ce moment-là on marque pas des points, bah c’est souvent trop tard et notre client il décroche. Donc c’est difficile de savoir vraiment bah notre client ce qui vient chercher et ses états de tension. Ça nécessite vraiment d’être à son contact, de l’interviewer ou de faire des questionnaires. Mais quand on crée un produit ou un site web, on s’adresse pas à ce cerveau rationnel. En tout cas pas dans ce dans un premier temps. Et aujourd’hui, on a tendance à dire bah voilà ça ça Ça marche donc je le fais. Mais en fait, c’est pas parce que ça marche sur un marché ou une cible client que ça va forcément marcher chez toi. Si on ne sait pas à qui on s’adresse, ben d’ailleurs toute notre stratégie, elle va être caduc et on aura pas les conversions escomptées. Donc il faut savoir capter l’attention en fait de notre prospect et savoir le rassurer dès les premières secondes. Et c’est là où pour moi le neuroperson il change tout. Il y a quatre étapes pour moi clés en fait où ce neuroperson nous aide. C’est donc dès l’acquisition où on est là pour capter son attention et jouer sur ses bons levis émotionnels. Ensuite, tu vas avir l’étape de conversion. Donc c’est là où en effet il faut que le parcours soit le plus fluide possible, qu’on réduise l’effort qui a pas d’ambiguité. Si on éveille l’esprit critique de notre prospect, c’est fini, c’est mort. Il se met en état de vigilance, alerte. Voilà. Troisème étape pour moi, c’est la rétention. En fait, plus on va personnaliser notre parcours en fonction de l’évolution émotionnelle de notre utilisateur, bah plus on va pouvoir le maintenir avec nous. Et la 4ème étape, c’est la fidélisation. En fait, il faut savoir valoriser l’engagement, entretenir une relation sincère, sinon comment dire, on n pas une stratégie gagnante. Donc pour moi, le neurop person, il sert à ces quatre grandes étapes là et quand je sais à qui je m’adresse, ben je peux créer en fait vraiment une expérience et faire une différence avec un site qui qui derrière va transformer. Donc nous chez Luciol, puisqu’on est trois à travailler ensemble, ce qui est aussi intéressant, c’est qu’en fait on va pas juste travailler sur le design d’un site. Nous en fait on embarque les fondateurs, les marketeurs, les commerciaux, tu vois, on a des clients, ils ont un parcours physique et digital. Et en fait, le travail qu’on fait en Europa, ben il permet d’aligner tous les acteurs en fait sur justement cette compréhension fin du client. Donc nous, on livre pas juste un un europona en fait. On va former les équipes à comprendre comment justement leurs clients décident par rapport à ces deux temps décisionnels. Et derrière ben ils vont pouvoir aligner toutes leur campagne marketing par rapport à ça. Euh modifier leur script de vente, euh modifier leur parcours. Tu vois, on a certains clients qui ont des magasins et ben ils vont modifier l’expérience aussi physique dans le magasin, dans un salon, dans un point de vente. Voilà. Et on va aider les équipes, par exemple des ADV qui prennent beaucoup de coups de fil à savoir s’aligner justement sur ce côté émotionnel. de leur prospect.

Pablo (voix homme) : Trop intéressant. Est-ce que tu pourrais nous donner quelques tips pour justement construire son Europers sans trop rentrer dans les détails, sans donner ta secret sauce ? Mais mais peut-être juste expliquer là, tu as évoqué je crois des interview utilisateurs, des questionnaires, des choses comme ça. Est-ce que vous quand vous les mettez en place pour vos clients, il y a des choses que vous faites régulièrement pour essayer de justement de bien cadrer ces noral ? Est-ce que vous avez des documents particulier que vous utilisez ou des choses comme ça ?

Noëmie (voix femme) : Tout à fait. En fait déjà, on identifie combien il y a de ces clients parce qu’en fait sur un produit ou un service, tu peux avoir plusieurs cibles différentes. Donc là, on va s’appuyer appuyer sur déjà toute la data que le client a peut-être. Il y a des clients, ils ont énormément de data, ils font souvent des enquêtes ou ils ont des CRM. Donc déjà nous, ça nous permet de voir les cibles principales. On se met d’accord après avec le client sur bah les cibles qu’il souhaite conserver, cell qu’il veut plus appuyer aussi par rapport à sa stratégie. Et là derrière et bien soit on fait on va faire un questionnaire écrit enfin qu’on va envoyer plus un panel d’interview pour avoir en fait la possibilité d’aller plus loin dans l’échange. Et là derrière après ça passe par l’art du questionnement. Il faut savoir poser les bonnes questions, pouvoir aller creuser si tu veux justement c’est besoins inconscients et en effet toutes les grilles de questions qu’on a, on les adapte bien sûr pour le client final en fonction de la cible, mais on va aller toujours chercher ce que je t’expliquais tout à l’heure, c’est qu’est-ce qui peut amener de l’engagement, de la satisfaction. Donc ça c’est issu d’une formation que j’ai su pendant 8 ans, que je suis tous les jours d’ailleurs chez BMO où on va aller chercher justement qu’est-ce qui amène la sécrétion de la dopamine, de l’ocytocine, de la stérotonine, des endorphines. Donc ça c’est ce qu’on aime, c’est ce qu’on va chercher versus ce qui peut nous mettre sous stress ou nous demander trop d’efforts et donc produire de la neuradrénaline et du cortisol. Toutes nos questions s’orienter là-dessus et après nous on fait un travail d’analyse pour dire ben pour telle et telle cible, voilà ce qui ressort le plus, voilà ce qui est prioritaire, ce qui est important et comment en fait on va aller euh quelle stratégie on va mettre pour aller plutôt déclencher la dose et non pas la neuradrénaline et le cortisol.

Pablo (voix homme) : Pour chaque personnage, on est d’accord, la partie un peu rassurance et la partie stress, elle est différente. Enfin, les arguments sont différents et ce que tu vas mettre en place, enfin mettre en avant sur le site sera des arguments complètement différents en fonction de la cible.

Noëmie (voix femme) : Exactement. Et c’est ça qui est difficile des fois à faire et pourtant très important. On doit pas personnaliser un site de la même manière selon l’état de tension dans lequel va être le prospect au moment il vient chez toi. Je prends l’exemple d’un client qu’on a accompagné qui fait de la téléassistance pour des personnes âgées. Ceux qui appellent, ce sont leurs enfants des leurs proches aidents et quand ils appellent, c’est qu’ils sont en situation de stress intense parce qu’il y a eu un accident et qu’ils ne veulent surtout pas que cela se reproduise. Là, clairement, on a mis en place une stratégie en terme de des ADV qui reçoivent l’appel de parcours sur le site, adapté à un état de tension qui est très fort quand ils appellent et aussi adapter à un une cible qui a un certain âge en fait.

Pablo (voix homme) : OK, trop bien. Euh bah écoute, top. Est-ce que tu pourrais nous donner don des exemples concrets de de projets où justement tu as utilisé ces neuropersonas, même si on a commencé un peu à aborder le sujet, mais voilà, tu as peut-être des projets sur lesquels tu as ça enfin comment ça t’a aidé et comment tu les as appliqué sur ces ces projets là.

Noëmie (voix femme) : Ben ce qui m’a aidé donc c’est qu’à chaque fois si on reprend l’exemple de la téléassistance en connaissant bien la cible, ça nous a permis d’adapter donc tout le ton aussi, la tonalité, tu sais le copywriting, le visuel aussi, tu vois. Souvent dans l’équipe projet, d’ailleurs je me rappelle, il y avait quelqu’un qui était un petit peu plus, tu vois, dans le design et qui voulait un site qui ressemble au site contemporain. Mais en fait, c’est pas du du tout adapté à quelqu’un qui a 55 ou 60 ans. Pas du tout. Nous derrière ça nous a permis de dire « OK, il faut un design clair, minimaliste, très simple. Il faut des boutons bien visibles, bien accessibles. Il faut surtout de l’humain et tu vois ce côté vraiment on vous a compris, on sait que vous êtes en détresse, on a l’habitude, vous inquiétez pas. On est sur des offres où on va faire en sorte que le l’appareil soit livré le plus vite possible et en fait finalement on commence à payer après et à mettre le contrat après. Vraiment, on vous on vous rassure tout de suite, on vous met en place une solution vraiment immédiatement. Donc ça par exemple, c’est des stratégies qu’on a pu mettre en place sur une cible qui était sous stress intense. Voilà.

Pablo (voix homme) : C’est intéressant dans le cadre d’un projet où tu as beaucoup de personnes autour de la table et quand tu refais généralement le design d’un site, tu as beaucoup de c’est très subjectif donc tu as plein d’avis différents autour de la table. Tu as le designer, tu as les fondateurs et cetera et ça permet de beaucoup plus cadrer et de mettre tout le monde d’accord en disant bah en fait on a des neuropersonas, la cible c’est ça, c’est ça qu’ils attendent, c’est tel type de look sur le site, c’est tels arguments et en fait on fait pas un site pour vous mais on fait un site pour vos clients. Et donc ça met ça met tout le monde d’accord direct et ça permet de cadrer ton projet beaucoup plus facilement derrière.

Noëmie (voix femme) : Exactement. Et tu vois pour ce client là d’ailleurs, ils nous ont demandé une commande un peu qu’on a moins l’habitude de faire mais qui était super, c’est qu’on a construit un script en fait on leur a conseillé pour faire une vidéo qui allait être sur leur site. La vidéo, il y a qui dedans comme personnage ? C’est quoi les étapes ? Quelles émotions on doit ressentir ? Donc en fait, on leur a donné si tu veux tout le cahier des charges et après derrière ça a été fait bien sûr par des professionnels.

Pablo (voix homme) : Comme tu disais, c’est un impact sur tous les outils de communication derrière et pas que sur le site.

Noëmie (voix femme) : Ouais. Et la vidéo rend super bien d’ailleurs. Donc voilà. Après, ben si on est sur un projet client où euh le prospect, il est plus dans une recherche de reconnaissance. Tu vois, là, on va beaucoup beaucoup travailler sur la sérotonine, donc c’est-à-dire la manière dont il va pouvoir se revendiquer et comment ça va nourrir son ego. Là, on va être sur des stratégies complètement différentes. Euh tu connais bien, c’est le fait de personnaliser à outrance euh en utilisant les prénoms. C’est le fait de montrer que ils sont dans les 5 % les plus avancés. C’est le fait de leur amener de la récompense, des récompenses visibles. Tu vois, ça peut être de je sais pas, tu as validé des niveaux, tu as des badges, on te recommande sur ça ou on va te donner en exclusivité telle chose. Là en fait on va complètement modifier on va dire tout ce qui est ligcours et le wording pour aller valoriser vraiment la personne. Il y a des neuropersonnas il s’en foutent là clairement si je te parle d’avant le proch et dent qui veut une solution pour son papa ou sa mam en fait il s’en fout complet lui queon lui dise tu es tu es beau tu es le meilleur et tu fais partie de la classe machin en fait il s’en fiche complètement c’est pas le tu vois c’est pas l’état de tension dans lequel il viennent donc nous selon ces états de tension qu’on va venir prioriser et ben comme tu l’as compris le parcours la structure du site les les termes util l’ambiance, les visuels, les couleurs, tout ça, ça va changer en fait.

Pablo (voix homme) : Est-ce que tu as déjà rencontré justement la difficulté d’avoir pour des business et pour des sites des personnes, des cibles un peu différentes adresser sur un même site ? Et à ce moment-là, comment tu t’y prends ? Est-ce que tu tu essayes de sur la home ou tu t’adresses à tout le monde, tu essayes de justement t’adresser à tout le monde et de biaiser personne, mais tu as aussi tu vas aussi avoir, j’imagine, des tunnels ou des pages qui vont être adressées à telle personnat ?

Noëmie (voix femme) : Oui. Alors ça, en effet, j’ai on a déjà rencontré un peu ces difficultés là, sauf que voilà, si tu t’adresses à tout le monde, tu t’adresses à personne hein. Ça, on le voilà. D’où l’intérêt de bien reconna connaître sa cible client. Donc en effet, on a plutôt fonctionné sur des entrées menus euh qui étaient vraiment très claires pour montrer que tu es concerné dans tel univers, tu vas dans tel univers quoi, pour vraiment orienter dès le plus rapidement possible le prospect vers l’univers qui va lui parler à lui. Et si vraiment on est sur des cibles complètement différentes, je sais pas même du B2B, du B2C et c’est pas compatible, bah en fait on crée deux sites quoi. Je veux dire, ça nous est déjà arrivé de faire deux sites très simples où en soit l’offre va être à peu près similaire, mais la manière d’ dont elle est présentée l’univers et cetera, c’est trop différent. Donc on fait deux sites, ça ça nous est déjà arrivé.

Pablo (voix homme) : OK. Bah écoute, nickel. Euh est-ce que tu pourrais nous donner un peu tes modèles et inspiration et ta veille marketing design si tu en as ?

Noëmie (voix femme) : Oui. Alors déjà moi premier déclic qui fait que je suis dans ce secteur depuis des années, c’était donc une rencontre avec G Mathias qui est un expert en neuroscience. C’est lui qui m’a bah ouvert les yeux sur tout cet univers, hein. C’est un grand passionné. Il a fondé maintenant l’académie Brain Brain Modus Operandi BMO. Et voilà, lui c’est celui qui m’a fait ben entré dans la matrice hein. Clairement c’est c’est pilule pilule rouge ou pilule bleue quoi. J’ai vu le monde le monde complètement différemment et en fait ça m’a passionné. En plus moi j’ai fait beaucoup de management avant Stu donc je me suis dit en fait ça sert dans tous les milieux. Aujourd’hui je le mets au service de tout ce qui est parcours client parce que j’adore ça. Mais c’est donc une formation que tu vis que tu revis toute ta vie en fait. Donc ça fait 8 ans que je suis là-dedans et que j’ai beaucoup de veilles grâce aussi à ça parce que on est ils sont toujours en train de nous nourrir en fait sur les sur les nouvelles connaissance en fait est découverte sur le fonctionnement du cerveau. Voilà. Après ben depuis que je travaille avec mes collègues là chez Luciol, bah du coup j’ai aussi Christophe en fait qui est un gros mordu de veille. Donc lui tous les jours il m’en il m’en envoie énormément quoi. Lui c’est celui qui nous épluche vraiment les les contenus, les études souvent anglaises he d’ailleurs qu’on pourrait avoir sur les bonnes pratiques UX. Voilà. Et après côté influence euh ben je t’avais cité quelques personnes. Il y a Robert Sialdini que j’aime beaucoup. Daniel Caneman, René Girard avec son désir mimétique, enfin puis il a fait plein d’autres d’autres études, Jean-Philippe Lachud, Dal Carnji, super intéressant euh et puis Simon Cine que ben tout le monde connaît aussi maintenant mais il y a des choses très intéressantes dans ce qu’il peut partager je trouve aujourd’hui sur LinkedIn. C’est vrai que les personnes que j’aime que je trouve active alors il y a peut-être aussi le côté girl power, j’en sais rien parce que je vais citer que des femmes mais bon Charlie Chantraine que tu connais très bien. Euh Melinda Limoche aussi je trouve qu’il fait c’est sur un terrain un petit peu diff mais en vrai c’est très intéressant et riche et Caroline Mign do connaître aussi.

Pablo (voix homme) : Ouais bien sûr aussi. Ouais.

Noëmie (voix femme) : Moi je trouve qu’al font émotion stratégie c’est efficace et voilà encore une fois c’est bien d’avoir des femmes.

Pablo (voix homme) : C’est clair. OK bah écoute on est pas mal. Est-ce que tu as une marque ou un expert que tu rêverais de voir passer sur le podcast ? J’ai vu la réponse ça m’a fait marrer. Compliqué mais.

Noëmie (voix femme) : Ouais je crois que ça va être compliqué. Je t’avais mis cc mais en effet je pense que ça sera ça sera un petit peu compliqué. Mais lui ce que j’aime c’est qu’il parle toujours de l’humain du why et c’est ça qui rejoint cette vision d’une r persona. Tu vois c’est très complémentaire et Et c’est ce qu’il fait. Lui en fait, il crée pas un produit en fait, il crée de l’émotion. Donc on est vraiment dans bah dans le sujet qui nous a animé dans ce podcast.

Pablo (voix homme) : Bon bah trop bien. OK. Et comment on fait si on veut te contacter Noé ?

Noëmie (voix femme) : Et bien on peut m’appeler sur mes coordonnées accessibles sur le site de Luciol agency et sinon sur LinkedIn puisque je commence quand même à avoir pas mal de personnes aussi qui qui me suivent. On approche les 10000 abonnés.

Pablo (voix homme) : Trop cool. Tu publies tu publies un peu de contenu là régulièrement sur LinkedIn ?

Noëmie (voix femme) : Alors oui, je publie. Il y a des semaines, des mois pardon où je suis très très acidu et puis il y a des périodes, tu vois, où on cumule beaucoup de projets et là c’est un peu plus compliqué mais j’aime bien partager et je partage justement beaucoup de choses sur sur tout ce qui est lié aux neurosciences dans l’expérience client. Donc voilà, hésitez pas à aller voir.

Pablo (voix homme) : Et ben écoute, parfait. Je mettrai tous les liens en description. Merci beaucoup Noéi pour ton temps, c’était trop cool. C’était super intéressant et j’espère qu’on pourra se faire d’autres épisodes. Faudra qu’on regarde un peu les sujets mais en tout cas c’était trop cool.

Noëmie (voix femme) : Merci à toi Pablo, ça m’a fait plaisir.

Pablo (voix homme) : À bientôt Noémie. Salut.

Noëmie (voix femme) : Salut.

Critère Persona classique Neuropersona
Objectif Décrire un client type (profil socio-démo, tâches, canaux). Cartographier l’état de tension, les émotions et déclencheurs qui mènent à l’action.
Données utilisées Âge, métier, revenus, centres d’intérêt, pain points génériques. Émotions dominantes, peurs, frustrations, leviers DOSE (Dopamine, Ocytocine, Sérotonine, Endorphines), signaux de stress (noradrénaline, cortisol).
Moment de la décision Focalisé sur la rationalisation (après la décision). Focalisé sur le Temps 1 émotionnel (avant la conscience) + guidance de la rationalisation.
Leviers activés Arguments logiques (prix, caractéristiques, comparatifs). Déclencheurs émotionnels éthiques : sécurité, appartenance, statut, plaisir; preuve sociale & réassurance adaptées.
Méthodes Ateliers, analytics, étude desk, hypothèses internes. Interviews profondes, questionnaires orientés émotions/effort, analyse verbatim, scoring DOSE & stress.
Livrables Fiches persona, scénarios simples. Cartes émotionnelles, matrices DOSE, scripts UX/CX, guidelines de wording, triggers par étape de funnel.
Impact UX Navigation et contenus standardisés. Parcours personnalisés, réduction de la charge cognitive, cohérence émotionnelle bout-à-bout.
Conversion Optimisations tactiques ponctuelles. Hausse de conversion via alignement désir/effort, checkout apaisé, micro-réassurances ciblées.
KPI Pages vues, temps passé, CTR, CR global. CR par état émotionnel, baisse du churn/abandon panier, NPS/CSAT, vitesse de décision, coûts d’acq. maîtrisés.
Exemples “Martin, 34 ans, aime le sport.” “Aidant sous stress aigu → besoin d’être rassuré tout de suite, interface simple, promesse de prise en charge immédiate.”
Limites Portraits lisses, peu actionnables, biais d’opinion interne. Nécessite de la recherche qualitative et une gouvernance éthique des déclencheurs.
Éthique Peu cadrée. Cadre éthique explicite : activer sans manipuler, transparence, bien-être utilisateur prioritaire.